« GAZ VERT » : DE QUOI PARLE-T-ON VRAIMENT ?

Dans un contexte de volonté d’électrification massive des pouvoirs publics où les mesures prises tendent à supprimer progressivement le gaz d’origine fossile, il est important de mettre en lumière le « gaz vert » qui a toute sa place dans un mix énergétique décarboné, qui assure des emplois locaux de l’agriculture à l’industrie et qui s’inscrit pleinement dans une démarche d’économie circulaire.

Le gaz vert désigne le gaz produit à partir de sources d’énergie renouvelable obtenue par différents procédés. Il remplace progressivement les gaz d’origine fossile en valorisant nos déchets et en réduisant notre dépendance aux énergies importées.

Différentes techniques sont utilisées pour produire du gaz vert.

Le gaz vert par méthanisation

Le biogaz dont est issu le biométhane après épuration, provient essentiellement de la méthanisation.

Il s’agit d’un procédé de dégradation et transformation des déchets d’origine agricole principalement, de l’industrie agroalimentaire et des déchets ménagers, ainsi que des stockages de déchets (ISDND1) où le biogaz est produit à partir des méthaniseurs ou capté dans les décharges et épuré en biométhane.

Afin d’en faciliter la compréhension, voici le parcours du gaz vert raconté par celles et ceux qui agissent au quotidien : agriculteurs, fabricants, installateurs professionnels du gaz et collectivités.
Un reportage signé Coénove et Terre TV.

1. ISDND Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux.

Le gaz renouvelable par d'autres procédés

Le gaz vert par pyrogazéification

La pyrogazéification est un procédé physique qui, par gazéification de biomasse sèche (bois, paille...), sous l’effet de la température, conduit à la production de méthane, de gaz de synthèse.

 

Le gaz vert par pyrogazéification hydrothermale

Il s’agit d’un procédé thermochimique qui transforme les déchets organiques humides (boues de stations d’épuration des eaux usées STEP1) en gaz renouvelable (méthane et hydrogène).

1. STEP stations d’épuration des eaux usées.

 

Le gaz vert par méthanation biologique

Le gaz vert par méthanation biologique, aussi appelé « power-to-methane » consiste à utiliser l’électricité excédentaire produite par les barrages, les éoliennes et les panneaux photovoltaïques pour fabriquer de l’hydrogène par électrolyse de l’eau.

Cet hydrogène est ensuite transformé en présence de CO2 en gaz vert pour être stocké ou distribué dans le réseau gazier.

Le gaz vert en quelques chiffres

Aujourd'hui, le gaz vert :

C’est 861 sites d'injection de biométhane en France au 10 octobre 20261

Cela représente 16,5 TWh/an de volume de biométhane injecté dans le réseau gazier français1

Soit l'équivalent de la production de 2 centrales nucléaires2 ou encore la consommation de 3,4 millions de logements neufs3

C’est l’implantation de 8 démonstrateurs industriels de biométhane de synthèse produit à partir de déchets4

Et 1 premier démonstrateur industriel qui transforme en gaz vert le CO2 issu de la méthanisation agricole combiné avec de l’hydrogène vert produit par électrolyse, projet DENOBIO par Enosis5.

De nombreux projets sont en cours :

  • 1 825 sites de méthanisation pour une capacité de 39,5 TWh/an1,
  • 8 installations de biométhane hors méthanisation (méthane de synthèse par pyrogazéification) pour 415 GWh/an1.

 

Et demain :

  • En 2030, le gaz vert pourrait représenter 20 % de la consommation de gaz en France (gaz vert injecté)6.
  • En 2050, le gaz vert injecté dans le réseau est estimé à 100 %, répondant aux objectifs de neutralité carbone cette même année7.

1. Données consultables sur le site ODRÉ (« Observatoire du biométhane - Nouvelle version — Open Data Réseaux Énergies (ODRÉ) »).
2. Chaque EPR2 peut produire autour de 12 à 13 TWh par an comme celle à Gravelines (https://www.prefectures-regions.gouv.fr/hauts-de-france/Grands-dossiers/Projet-EPR2-a-Gravelines).
3. Pour un logement neuf selon la norme RE2020, la consommation est généralement inférieure ou égale à 100 kWh/m2/an (décret n°2021-1004 du 29 juillet 2021 relatif aux exigences de performance énergétique et environnementale des constructions de bâtiments en France métropolitaine). Pour une surface moyenne de 80 m2, la consommation moyenne est de 4 000 kWh/an (80m2 x 50 kWh/m2/an). 16 TWh = 16 000 000 000 kWh. 16 TWh représentent donc 4 millions de logements (16 000 000 000/ 4 000 kWh/logement).
4. Selon data.gouv.fr « projets de production de gaz renouvelable et bas carbone par pyrogazéification pour injection dans les réseaux gaziers », tableau mis à jour le 18 août 2026.
5. Projet DENOBIO lancé par Enosis.
6. Selon le décret n°2026-76 relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie du 13 février 2026 (tableau page 10 de la PPE3).
7. Selon l’étude « Perspectives gaz 2026 » publiée le 8 septembre 2026.

Pour rappel : TWh/GWh = térawattheure (1 milliard de kWh) & gigawattheure (1 million de kWh)

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